| # | Year | Text |
|---|---|---|
| 1 | 2002 |
John C.Y. Wang ist Mitorganisator der International Conference on the Commentarial Tradition in Chinese Literature der Fudan-University in Shanghai.
|
| 2 | 2002 |
Marianne Bastid-Bruguière ist Gastprofessorin an der Fudan-Universität.
|
| 3 | 2002 |
Stephan Feuchtwang forscht 2-3 Wochen über lokale Regierung und Religion, über den Great Leap famine in China und das Luku incident in Taiwan.
|
| 4 | 2002 |
Derrida, Jacques. Préface : Signé l'ami d'un « ami de la Chine ». In : Aux origines de la Chine contemporaine : en hommage à Lucien Bianco [ID D6001].
« Votre geste prouve que vous êtes un ami de la Chine » [Propos cité par Lucien Bianco]. Je multiplierai les signes de reconnaissance. À plus d'un. D'abord à ceux et à celles qui, m'honorant de leur invitation, m'ont ainsi permis d'être présent au juste hommage rendu à un grand sinologue, Lucien Bianco, qui reste pour moi un grand ami de toujours. Honneur pour moi redoutable : les limites de ma compétence sont ici, plus que jamais, notoires. Qui croirait qu'il suffit de les avouer pour en être quitte ? Mais juste hommage dès lors que, on le verra à lire les remarquables contributions de cet ouvrage, le salut évite la célébration conventionnelle pour proposer des travaux originaux dans un champ fortement identifié, exploré, marqué, sillonné par l'oeuvre de Bianco. La conscience vive et pudique que je garde du fait, trop évident, que je ne suis en rien ce qu'on appelle un sinologue, voilà qui aurait dû me faire décliner une invitation imméritée. Pourtant, on le voit bien, je n'ai pas résisté une seconde. Comment aurais-je pu manquer la chance qui me fut généreusement offerte ? Je pourrais ainsi, me dis-je, témoigner publiquement de mon admiration et de ma dette. À Lucien Bianco je dois en effet, entre autres choses, tout ce que j'ai appris, tout ce que j'ai appris à comprendre, et à penser, de façon inquiète, critique, mouvementée, de la Chine moderne. Une amitié sans ombre, une amitié de près d'un demi siècle, en somme, ne peut être dissociée, à mes yeux, du chemin sur lequel j'ai suivi, depuis 1953, avec une docilité joyeuse et émerveillée, la première découverte de la Chine, de la langue chinoise d'abord, par Lucien Bianco, puis ses analyses inaugurales dans un champ (mais est-ce seulement un champ, aujourd'hui, et un territoire circonscrit ?), dans cet espace à peine dé-limitable du monde et de l'histoire du monde (de la « mondialisation », comme on dit, en vérité) qu'il m'a appris, qu'il a sans doute appelé tant d'autres à défricher et à déchiffrer, à émanciper des projections idéologiques qui ont toujours abusé d'un non-savoir. Si la Chine moderne était un « champ » du savoir historique, l'objet d'une discipline (ce qu'elle est aussi mais ce qu'elle n'est pas seulement), Bianco serait pour moi comme un grand sinologue des Lumières, le maître-explorateur d'une science aussi nécessaire, lucide et rationnelle que désenchantée, dégrisée, vigilante, réveillée — déçue mais non désespérée, surtout au moment où les sommeils dogmatiques les plus inquiétants, les plus menaçants, parfois les plus comiques aussi dominaient la scène d'une certaine « culture » parisienne. Comment oublier la terreur obscurantiste qui bavardait alors dans certains quartiers, dans des milieux qui furent les nôtres, parfois les miens plus que les siens, au cours des années 1960 et encore au début des années 1970 ? Je relis à l'instant ce qu'il disait du « modèle chinois » en 1967 (je souligne la date), à la fin de ce grand livre que fut pour moi, comme pour tant d'autres, Les origines de la révolution chinoise, 1915-1949. Il mettait alors en garde contre « les simplifications hâtives, les oublis plus ou moins volontaires, les tentations opposées. » J'aime tant ce qu'il disait alors et comme il le disait : il fallait se soucier « de déranger, non de venir en aide », qu'il s'agisse de l'unité problématique du « modèle » — négatif et positif — pour un Tiers-monde qui n'est pas un, qu'il s'agisse de l'atrocité d'une histoire pleine de mensonges et dont le torrent, disait Victor Serge cité par Bianco, « charrie à la fois, violemment, le meilleur et le pire », dont la complexité ne se laisse pas réduire à l'alternative simple du « pour» ou du « contre », ou qu'il s'agisse encore de l'opposition d'une Chine idéalisée à une Europe diabolisée. Et pourtant, au moment même où il dénonçait, avec une ironie implacable, les simplifications outrancières qui paradaient près de nous sur la scène intellectuelle, Bianco se méfiait encore des abus et des alibis que certains pouvaient exploiter dans cette critique pourtant nécessaire. Je reconnaissais bien là son infini scrupule, la vigilance d'une conscience éthique et politique qui ne connaît pas de repos. Il poussait l'hyperbole jusqu'à se méfier des effets pervers, des dangereux prétextes politiques auxquels pouvait donner lieu son esprit critique même : « L'outrance des flagellants ne doit pas être prétexte à congédier leur révolte. Plus discrète, plus insidieuse aussi, une autre tentation consiste à s'abriter derrière les exigences de l'esprit critique pour éluder les choix de l'action. » Et sans cesse j'ai vu Bianco tendu, au coeur de son travail même, entre la nécessité inflexible du savoir historique le plus critique et l'urgence de l'engagement politique. L'un ne doit pas renoncer à l'autre, bien au contraire, et même dans les situations aporétiques, même dans les moments où les deux responsabilités paraissent hétérogènes, voire irréconciliables. La « question de la Chine » aura sans doute été pour notre génération, elle restera longtemps encore ce qu'elle est, certes, mais autre chose encore. Elle sera longtemps un lieu propre, un nom propre et la figure métonymique de tous nos rêves et de toutes nos insomnies, voire de nos cauchemars politiques. Je viens de citer une première édition (1967). Vingt ans après, en 1987, la seconde édition des Origines de la révolution chinoise reprenait en Annexe ces conclusions toujours actuelles, sur « Le modèle chinois » mais y ajoutait « La révolution fourvoyée » — qui commençait ainsi : « Pour la gloire de Mao, il eût mieux valu qu'il mourût, comme Lénine, quelques années plus tôt. » Ce texte fut écrit à la mort du « grand Timonier » et à l'invitation du journal Le Monde qui « l'ayant jugé sacrilège, avait dégagé sa responsabilité en le publiant sous la rubrique "Libre opinion" ». Ironie de Bianco : son article, note-t-il, est « tous comptes faits, plutôt plus modéré que ce que les Chinois ont écrit depuis qu'ils ont effectué la démaoïsation ». Je relis aujourd'hui ce « bilan » d'une « sinisation du marxisme » qui fut d'abord une « sinisation de la stratégie, c'est-à-dire du léninisme », et je suis encore frappé par la justesse d'une analyse qui ne renonce jamais à la justice équilibrée du jugement politique. Les attendus du verdict sont terribles mais ils laissent une respiration au salut — à la justice qui commande de prendre encore la mesure d'une monstrueuse grandeur : « Mais il est exceptionnel qu'un même personnage soit l'homme de deux situations historiques, et d'avoir su faire face à la première suffirait à la gloire de beaucoup. » La Préface à la seconde édition mériterait de devenir un texte canonique ou une charte pour tout historien lucide de l'histoire contemporaine. Autoanalyse sans complaisance, certes, et qui situe la signature de l'historien dans l'évolution d'une discipline tout autant que dans la trajectoire politique du signataire, mais aussi leçon générale et acte de foi : il faut résister à l'historicisme et au relativisme, il faut garder sa foi dans la science historique et dans le triomphe final d'une vérité qui « finit par s'imposer ». Quelle « vérité » ? Celle qui aura « par exemple foudroyé des forêts de papier imprimé vouées à la célébration de la grande révolution culturelle chinoise, avec une efficacité dont n'oseraient rêver les plus zélés pyromanes de la Côte d'Azur. Même dans le domaine moins brûlant — moins inflammable — qui nous occupe ici (la Chine avant 1949), la masse des connaissances déterrées depuis deux décennies a multiplié par trois ou quatre le savoir du spécialiste moyen ». Bianco n'ignore pas, en analyste exercé de la discipline institutionnelle, que son insistance sur les causes sociales et surtout paysannes de la révolution a heureusement bouleversé l'historiographie, et d'abord l'historiographie américaine dont on sait l'autorité à cette époque. Mais il est toujours prêt à s'accuser, dans un geste que je lui connais si bien, qui à la fois m'amuse, m'attendrit et m'inspire le plus grand respect ; il n'hésite jamais à se reprocher de ne pas en faire assez pour « embrasser la totalité », pour « rendre pleine justice non seulement aux acteurs de l'histoire mais à ses scribes ». [Les origines de la Révolution chinoise, seconde édition, Paris, Gallimard (« Folio »), p. 17]. Au même moment (on pardonnera au nostalgique que je reste ici de privilégier ces passages), il parle de ses « vingt ans ». Pour s'accuser encore. Un mea culpa pousse la surenchère jusqu'à s'en prendre au narcissisme de cette auto-critique, et même de ce qui l'a poussé à être « exagérément soucieux ». Il rappelle alors sans complaisance ses « vingt ans », et ses « certitudes juvéniles ». Qui dira mieux l'historicité du savoir historique ? Toujours dans cette seconde édition, vingt ans après, donc, il se reproche aussi ce que personne n'a jamais songé à lui reprocher. Quoi ? La tentation en somme, pour l'historien vigilant et désenchanté, de croire encore à un « sens de l'histoire » : « La plus grande insatisfaction et le seul vrai malaise que me procure aujourd'hui la lecture de ce livre (une redécouverte, qui incline au narcissisme), c'est un aire d'inévitabilité, de progression presque inexorable vers l'issue révolutionnaire. À vingt ans, l'horreur sacrée que m'inspirait la dialectique hégélienne m'a prémuni contre la tentation d'adhérer au P.C.F. Quinze ans plus tard, mon refus persistant de l'hégélianisme aurait dû m'épargner d'être fasciné par les vainqueurs. Exagérément soucieux de saisir dans son dynamisme le processus révolutionnaire, j'en suis arrivé à donner trop d'importance au mouvement communiste, trop peu à un phénomène comme le militarisme (celui des "seigneurs de la guerre", que mon dédain rejetait en somme dans les "poubelles de l'histoire") [...]. Cest selon moi (à ma connaissance, personne ne me l'a jamais reproché, pas même en Amérique, où ce livre en est à sa onzième édition) dans le chapitre 5 que mes certitudes juvéniles m'ont le plus gravement égaré. J'y appréciais avec bienveillance, mais sans illusions, les chances du libéralisme et de la réforme face à la révolution. Je ne vois toujours pas comment le libéralisme aurait pu s'imposer, mais cette façon de poser le dilemme "réforme ou révolution" témoigne de l'emprise persistante du "sens de l'histoire" sur l'auteur. » [Note : « Désenchanté », c'est souvent son mot. Par exemple à la fin de la même Préface qui décrit ainsi les « conclusions... plus tristes et désenchantées, qui le tentent aujourd'hui ». Je le souligne ici car cette note de désenchantement me paraît marquer toute l'histoire de cette histoire. Celle du mouvement de Bianco vers la Chine, certes, qu'il s'agisse de son travail d'historien, de sociologue, de politologue ou, plus généralement, de l'expérience historique et politique que nous sommes si nombreux à partager avec lui en ce siècle]. « Vingt ans », « certitude juvéniles », « sens de l'histoire », dit-il. Que faisions-nous quand nous avions à peine plus de vingt ans ? Je n'abuserai pas de l'hospitalité pour céder à la tentation — tout aussi « narcissique », justement — de la mémoire commune. Je ne rappellerai pas ici tout ce que j'ai eu la chance de partager avec Lucien Bianco d'un bout à l'autre d'une vie d'adulte, en somme. Parmi quelques clichés, parmi ceux qui m'attendrissent, moi, je me permettrai seulement de choisir. D'abord ceux qui dessinent nos silhouettes tremblantes de jeunes étudiants sur fond de Chine révolutionnaire. Comme si quelqu'un me soufflait en riant : allons, raconte, montre-nous ton vieux film, laisse revenir des fantômes silencieux, en noir et blanc, juste quelques ombres chinoises. Eh bien, voici un bout de pellicule. Mettons que, suivant l'intrigue d'une histoire que je rapporterai plus tard, après me l'être appropriée, cette pellicule, comme si je l'avais confisquée pour la rendre conforme à « ma vérité », en y pratiquant quelques coupures nécessaires, je projette par exemple ces quelques images : après la khâgne de Louis-le-Grand, où nous nous trouvons déjà ensemble, nous travaillons à l'École normale dans la même « turne ». Nous partageons une chambre « double ». Un seul lavabo, une tenture de couleur brique entre deux lits. Cela se passe dans les nouveaux bâtiments de la rue d'Ulm, en 1953-1954. « Coco » commence à apprendre le chinois, il a décidé de se spécialiser dans l'histoire de la Chine moderne. Seul moyen de comprendre ce qui se passe et ce qui nous attend dans l'histoire de ce temps. Interminables discussions politiques. Autour de nous, dans la maison de la rue d'Ulm, chez nos plus proches amis, le « stalinisme » le plus dogmatique vit alors ses derniers jours. Mais comme s'il avait encore tout l'avenir devant lui. Nous militons alors tous les deux, de façon plus ou moins prévisible et conventionnelle, dans des groupes de gauche ou d'extrême gauche non communiste. Nous sommes de tous les meetings, à la Mutualité et ailleurs, nous collons des enveloppes pour je ne sais plus quel comité d'intellectuels antifascistes (contre la répression coloniale, la torture, l'action de la France en Tunisie ou à Madagascar, etc.). Guerre froide, horizons apocalyptiques, absence d'horizon, plutôt, impossible de déchiffrer la chose géopolitique qui se prépare. Angoisse aveugle et folles espérances. Bianco passe beaucoup de temps à m'expliquer, avec quelle patience, mais aussi à justifier, et d'abord à ses yeux même, la nécessité historique, l'urgence politique de ce qui est alors plus qu'un rêve, son projet, et ce sera sa vie : il faut d'abord apprendre le chinois, comprendre sans retard ce qui se passe là bas, là-bas, se libérer de notre myopie eurocentrique, voir venir ce qui vient déjà sur nous, et qui nous viendra de plus en plus, de plus en plus fort, de plus en plus vite, de la Chine. Je le suis, bien sûr, et j'approuve. N'est-ce pas irrécusable ? Non seulement comme un calcul chiffré, ou comme une échelle démo-géo-politique. Nous sommes, je le rappelle, en 1953-1954, bien avant la vague maoïste qui déferlera vers la fin des années 1960. Mais j'ai du mal à comprendre où il puisera, lui, les forces nécessaires. Les miennes me paraissent nulles en comparaison, je démissionne d'avance. [Note : Pour illustrer ma démission, on me permettra cette confidence, en note : dans mes modestes travaux sur l'écriture, notamment dans De la grammatologie (1967), je me réfère massivement, de façon à mes yeux décisive (et toujours en pensant à Bianco), à l'histoire et au modèle phono-idéographique de l'écriture chinoise, au rôle qu'il a aussi joué dans la philosophie occidentale de l'écriture, et surtout dans ses « projections ». Je me disais alors que je ne pourrais en parler sérieusement qu'en apprenant, comme mon ami, à écrire et à parler le chinois. Je ne l'ai jamais fait, j'en garderai toujours le remords]. Mais comment fera-t-il, me dis-je, lui, pour s'approprier cette culture, et d'abord pour apprendre cette langue, à la parler et à l'écrire ? Car il a raison, il faut bien commencer par là. Sans rien comprendre, donc, comme toujours, et en restant sur place, je « suis » ses progrès, si on peut dire, de près mais de loin, jour après jour. Il travaille tout près, sur la table à côté, et je me rappelle encore mon émerveillement quand je l'entends un soir parler couramment le chinois dans un restaurant près de la gare de Lyon, puis, beaucoup plus tard, après la « révolution de velours », dans un restaurant chinois de Prague. Depuis, après la « rue d'Ulm », après une année pendant laquelle, habitant la même maison [Note : En me relisant, aux mots « rue d'Ulm » et « la même maison », je me laisse émouvoir, on me pardonnera de le noter ici : au fond, me dis-je, nous ne nous sommes jamais beaucoup éloignés, Bianco et moi, d'une même « maison ». Après Louis-le-Grand, après la rue d'Ulm, après Koléa —où nous habitions et enseignons ensemble, , dans les mêmes « maisons » —, je suis retourné rue d'Ulm pour y rester plus de vingt ans, avant de rejoindre enfin mon ami aux Hautes Etudes où il était entré lui-même depuis environ vingt ans. C'est de la même « maison » qu'aujourd'hui nous prenons ensemble, si je puis dire, une certaine « retraite »], nous enseignons tous deux dans une école d'enfants de troupe en Algérie, à Koléa, je continue à le « suivre » à ma manière, à le lire, à admirer à la fois son travail, ses publications, et ses débats, l'honnêteté avec laquelle toujours il se débat — car il en souffre, des deux côtés, du sien et de l'autre, et aussi bien dans le milieu académique de la sinologie française que, au cours de ses voyages en Chine, avec les « autorités » du pays. Après ses récits personnels, je lis par exemple les analyses politiques de l'historien, du sociologue ou du politologue-voyageur. Un exemple entre tant d'autres : en 1974, il se rend en Chine avec une délégation de l'École normale supérieure. À son retour, il raconte les aventures tragi-comiques de ses « explications » avec la police politique du pays. Il le fait dans un texte qui lui crée aussi des difficultés avec Le Monde (tiens ! encore, déjà). Ce grand-journal, cette fois, le refuse tout net. Le récit, « Voyage dans un bocal » [Note : Après avoir été refusé par Le Monde, donc, il fut d'abord publié dans Esprit (mars 1975), puis repris dans Regards froids sur la Chine, op. cit.] commence par jouer, il affecte de payer son tribut au code de nos ratiocinations de jeunesse et à la scolastique matérialiste dialectique : « Contradictions non antagonistes ou contradictions antagonistes ? » Et Bianco finit par raconter comment, avec l'autorisation du vice-président du comité révolutionnaire d'une usine, il filme en 8 mm, « dimension autorisée », des slogans d'une campagne contre Lin Biao et Confucius. Après quoi on le presse de questions « amicales », on confisque son film et on le lui rendra conforme à la « vérité » révolutionnaire. Je préfère citer le Camarade Zhao qui ne les lâche pas d'une semelle pendant tout le voyage : «... Les masses ouvrières de l'usine ne sont pas très contentes [...] à propos d'un film que vous avez pris ; les ouvriers demandent si vous pouvez le leur communiquer, ils vous le restitueront après s'être assurés que vous n'avez rien filmé d'inopportun [...]. Votre geste prouve que vous êtes un ami de la Chine. Je vous concède que vous aviez reçu l'autorisation de filmer, mais nous ne pouvons nous opposer à la volonté des ouvriers. Comme vous dites en France, d'un mal peut sortir un bien. Cet incident vous aura permis de vous rendre compte que les ouvriers ne sont pas traités ici comme ils le sont en France : en Chine, les ouvriers sont les maîtres... » Bianco rappelle entre parenthèses : « (Le film me sera restitué vers la fin du voyage, développé et délesté des malencontreux slogans et de quelques autres vues prises la veille à la commune populaire »). Un « ami de la Chine », je sais qu'il le fut et le reste, à sa manière, bien au-delà de la rhétorique du camarade Zhao. Mais c'est vrai, un vrai ami, et d'abord, donc, un ami de la vérité, un ami sans complaisance, un ami parfois sans merci. Je me souviens encore, dans les mêmes années, en novembre 1976, d'une séance à l'Académie des Sciences morales et politiques. Première et seule expérience du genre pour moi. Nous avions la quarantaine mais nous paraissions des enfants chahuteurs dans ce théâtre solennel et sommeillant. Bianco m'avait invité, il y présentait une communication sur La Chine après Mao. Là encore, je n'ai rien entendu, ni, plus tard, relu, qui fût plus différencié et lucide dans le diagnostic, dans le pronostic, dans l'analyse des structures bureaucratiques et militaires, dans l'interprétation du rôle respectif de Mao, Zhou Enlai, Hua Guofeng, Deng Xiaoping, dans la comparaison des processus soviétique et chinois. Je me rappelle la discussion qui suivit, notamment avec Raymond Aron, l'insistance de Bianco sur ce qui reste plus « nationaliste » que « communiste » dans la révolution chinoise, sur le rôle joué par l'armée à la succession de Mao et au cours de l'élimination de la bande des Quatre, sur les effets de la propagande maoïste dans l'image « paysanne » que nous avions souvent de cette armée, sur les contradictions entre les objectifs et la pratique maoïste, etc. La question démographique étant plus que jamais décisive, c'est en me rappelant nos premières réflexions d'étudiants, et ce qu'elles m'apprirent déjà, que j'ai ensuite retrouvé la même attention aux complexités d'un processus contradictoire dans l'histoire de l'anti-malthusianisme de Mao, qu'il partageait avec Chiang Kaï-shek et même avec son prédécesseur Sun Yat-sen. Ce fut la même « lignée chauvine et nataliste » [« Le poids du nombre », in Regards froids sur la Chine] qu'il fallut remettre en cause, dès 1953, avant même la campagne de prévention des naissances de 1957. D'autres que moi, et plus compétents, sauront dire la nouveauté et la nécessité de ce que Bianco a donné à la science de la Chine moderne, à travers un nombre impressionnant de contributions monographiques depuis Les origines de la Révolution chinoise, 1915-1949 (1967-1987), jusqu'à La Chine (1994). De tous ses articles sur l'anti-natalisme et la démographie, sur les paysans et la révolution, sur les sociétés secrètes et l'autodéfense paysanne, sur l'administration, sur la bureaucratie, sur les moments et les visages originaux d'un nationalisme qui ne renonce jamais, sur les « fonctionnaires, percepteurs, militaires et brigands en Chine », mais aussi sur les « classes laborieuses » et les « classes dangereuses » dans la Chine impériale, on trouvera des traces, directes ou indirectes, dans les recherches ici réunies. [Note : J'en cite seulement quelques-uns, ceux que j'ai lus, mais je suppose qu'on disposera ailleurs d'une bibliographie complète. Par exemple, « "Classes laborieuses et classes dangereuses" dans la Chine impériale au XIXe siècle », in Annales, 6, nov.-déc. 1962 ; « Vers la Chine contemporaine », in Annales, mai-juin 1964 ; «Les paysans et la Révolution : Chine, 1919-1949 », in Politique étrangère, 2-3, 1968, pp. 117-141 ; «La mauvaise administration provinciale en Chine (Anhui, 1931) », in Revue d'histoire moderne et contemporaine, avril-juin 1969, pp. 300-318; «Le monde chinois et la Corée », in M. Crouzet (dir.), Le Monde depuis 1945, Paris, PUF, 1973 ; « La Chine après Mao », Académie des Sciences morales et politiques, Séance du 29 novembre 1976. / Notamment dans les riches et magnifiques volumes qu'il a dirigés avec Marie-Claire BERGERE et Jiirgen DOMES, La Chine au XXe siècle, t. 1 D'une Révolution à l'autre, 1895-1949, t. 2, D e 1949 à aujourd'hui, Paris, Fayard, 1990] Prenant acte de résultats acquis, mais souvent tournées vers des processus en cours ou vers leur avenir, ces études sont ici fortement rassemblées dans leur cohérence et dans leurs foyers. Or ce rassemblement s'organise selon des motifs qui furent en effet déterminants dans le travail de Bianco : ceux des origines, certes, et surtout des origines rurales de la révolution chinoise, mais aussi de nouveaux mouvements paysans, ou encore d'autres tensions entre le nationalisme révolutionnaire, voire un nouveau « national confucianisme », et les impératifs actuels de la mondialisation. On y lira aussi de précieuses analyses autour de l'héritage du marxisme classique, sur le passage du capitalisme au communisme, sur la personnalité singulière de Mao Zedong et sa politique du « front uni » (l'une des « trois grandes épées magiques de la révolution »), etc. On n'a sans doute pas à signaler, souligner ou démontrer tout l'intérêt de ces travaux pour des experts de la Chine moderne. Je me permettrai seulement de dire qu'à mes yeux ils ouvrent de façon magistrale, ils éclairent aussi pour chacun la voie d'une réflexion politique et historique. À travers et par-delà la Chine. Dans le processus qu'on désigne et confusément du nom de « mondialisation », avec tous les enjeux mais aussi toutes les mystifications, voire parfois les manipulations intéressées qui s'y logent en contrebande, dans les grands débats ou combats en cours, et à venir, sur le « marché », le devenir du monde agricole, la démographie, la « souveraineté », les États « virtuels », la culture traditionnelle des « droits de l'homme » et l'opposition qu'on y accrédite entre relativisme et universalisme, dans l'histoire des libertés dites « démocratiques », du droit international et du droit en général [Note : Par exemple du droit pénal : la Chine est, avec les Etats-Unis, on le sait, le pays où la peine de mort est non seulement maintenue, comme c'est le cas seulement dans une minorité d'États depuis dix ans, mais massivement appliquée, et on peut prévoir une pression croissante des États européens contre cette complicité singulière des deux géants], devant ces immenses problèmes, il est plus que jamais indispensable de s'informer, d'apprendre et d'apprendre à réfléchir auprès des sinologues d'aujourd'hui. Ils ne nous enseignent pas seulement la Chine (si on peut encore dire « seulement »), ils nous donnent souvent la meilleure leçon de philosophie politique, la plus indispensable et la plus spécifique pour notre temps. Lucien Bianco m'en avait convaincu, il m'y avait en somme initié, il y a près d'un demi-siècle. C'est une des rares choses — et donc une des chances de ma vie — au sujet desquelles je puisse me dire, en l'an 2002 : c'est encore vrai aujourd'hui. |
| 5 | 2002- |
Daniel L. Overmyer ist Mitglied des Editorial Board von Min su qu yi [Journal of Chinese local ritual and drama].
|
| 6 | 2002-2004 |
Haun Saussy ist Professor des Department of Asian Languages und des Department of Comparative Literature der Stanford University.
|
| 7 | 2002-2005 |
Christopher Hum ist Botschafter der britischen Botschaft in Beijing.
|
| 8 | 2002 |
Hu, Jialuan. Spenser in Chinese translation [ID D26570].
According to my personal experience in translating Spenser's poems into Chinese, I maintain that it is both necessary and feasible to reflect the metrical patterns of the original in the Chinese version. The essay first discusses some basic differences concerned between the English and the Chinese languages, and then explores various effective ways of bringing out the rhythm and rhyme of the English original in the Chinese version. A "sound group" or a pause in the natural flow of the Chinese metrical language is taken as corresponding to a foot in English verse. Furthermore, the Chinese version can be made to follow the same rhyme scheme of the original. As a result, it agrees almost exactly with the original not only in the number of feet in each line, but also in the rhyme scheme of a stanza or poem. Accordingly, the Chinese version may approximate the metrical pattern of the Spenserian stanza, the Spenserian sonnet, or any verse forms employed by Spenser. |
| 9 | 2002- |
James Z. Lee ist Mitglied des Hong Kong Social Science Research Council.
|
| 10 | 2002 |
James Z. Lee ist Vorsitzende der Social Science History Association.
|
| 11 | 2002- |
Andrew G. Walder ist Mitglied des Advisory Board der The China review.
|
| 12 | 2002-2004 |
Robert Joe Cutter ist Honorary Adjunct Professor der Heilongjiang University in Harbin.
|
| 13 | 2002-2007 |
Renfer, Christian. Considerations of a Swiss monument preservationist during a visit to traditional villages in China : the Shaxi rehabilitation project as an opportunity. In : Along the Great wall : architecture and identity in China and Mongolia. Ericht Lehner, Alexandra Harrer ; Hildegard Sint, Hildegard (eds.). (Vienna : Institute for Comparative Research in Architecture, 2010).
My first contact with monument preservation in China In the year 2002, I had the opportunity to visit China for the first time, as part of a delegation from the city of Zurich, and was able to take part in discussions with monument preservation experts from the city of Kunming. At that time, already a long-standing concept for retaining the old city was in place and a monument preservation position had been created in the planning department. Four years later, in October 2006, was my last visit of the city. To my surprise, most areas of the old city had already been destroyed except for the Muslim quarter, where I was able to take the last pictures prior to its destruction. As I do not know anything about the background of this change, I cannot judge the course of events either. However, it is clear that the development and preservation concept were diametrical to each other, which is why the planning which could have brought about a building synthesis between the old city of Kunming and the developing areas was no longer possible. The reality of the city development in Kunming was a real culture shock for me as an experienced preservationist. A new experience with monument preservation in China - the Shaxi Rehabilitation Project (2000-2006). If the view of Kunming had been my only experience with monument preservation in China, I would have had a completely wrong picture of the possibilities in this country. Luckily, as a guest of the Swiss Federal Institute of Technology (ETH), I was allowed to take part in a joint Swiss-Chinese project in the province of Yunnan where a completely different approach to old city retention was taken. After the completion of the planning phase, the results of this project, which was conceptionally an especially successful one, have become visible since 2006 in a first and second realization phase (phase I: 2002-2004, phase II: 2005-2006). I would like to introduce some basic thoughts and illustrate them with some pictures. However, it would be best to visit Shaxi yourself - it is really worth it! A synopsis of the Shaxi Rehabilitation Project Preliminary Remarks - from Switzerland to China. In a certain way, the Shaxi Project is a kind of role model for China since there are similar rural cultural landscapes with intact villages and traditional structures in other parts of China which should be retained as complete units and further developed. In particular, the still intact areas of national minorities show a high rate of destruction in their traditional communities on the basis of an enormous backlog. This destruction is not only visible in large buildings, but also in all of the small additions to the buildings or dwellings, without any consideration in the communities. For China as a large country in which agriculture, different from European countries, still plays an important role in the economy, it is worthwhile to develop spatial planning with appropriate means. Different from the booming cities of China (to which Kunming belongs) with an overwhelming development, basic planning could be set up with sustainable effects well into the next generations and including a regulated and logical preservation of the overall situation. As a Swiss monument preservationist, the situation I came upon in the provinces of Yunnan and Guangxi strongly reminded me of the economic and planning stage Switzerland had reached between 1950 and 1960 (before the mechanization of agriculture and the huge construction boom following the fi nancial boom), after 1970 resulting in the implementation of spatial planning covering the entire country. At that time, it was recognized that the last remains of the historical building substance in its traditional context could only be maintained by space planning (i.e. preservation and further development while retaining the overall appearance). On this basis, in Switzerland, laws were passed which have led to an effective governmental monument preservation system in the cantons since the seventies. Geographical situation of the Shaxi valley in the province of Yunnan. Shaxi is located in the west of the Yunnan province, near the Yangtze River (Tiger Leaping Gorge), in Jianchuan County (Dali district), between Lijiang and Dali Old Town. The valley can be reached by car along a lonely lane leading through a protected landscaped area. A very impressive journey indeed. The Shaxi valley forms a broad funnel surrounded by hills covering an area of about 270 sqm, in which a political community unit with eight villages and ca. 20,000 inhabitants can be found. Shaxi is situated on the old economic route from Yunnan to Tibet (Tea and Horse Caravanning Trail). The area is dominated by the culture of the Bai minority mixed with elements of the Yi minority. Partner in the Shaxi Project as a basis for an expertise-specific Chinese-Swiss cooperation. On the Swiss side, there was the Institute for Spatial and Landscape Planning (IRL) of the Swiss Federal Institute of Technology (ETHZ) in Zurich which had overall control as the initiator and project author, while on the Chinese side, the following participants joined in the project: the authorities and planning positions of the province of Yunnan and Jianchuan County as well as the local town government of Shaxi, supported by the ministry of Construction in Beijing. The county was responsible for the supervision. The active planning and the first implementation phase (Sideng Market Place) lasted from 2000/01 to 2006. Financing of the project. In 2001, the Shaxi valley was included in the list of the 100 most endangered cultural artifacts of the world by the World Monument Endowment Fund and was promised financial support for the project. The costs were divided between Chinese and western partners (e.g. Swiss Federal Institute of Technology with support of the Agency for Development and Cooperation, SDC). In addition, several internationally active foundations and sponsors funded the project. The conceptual part of the Shaxi Project. The above given overview of the problems which were to be addressed in the project resulted in the following subsections: 1. Marketplace restoration (Preservation of the building substance of the historical marketplace and its surroundings in the centrally located Sideng) 2. Village preservation 3. Sustainable valley development (The further economic development of the Shaxi valley with agriculture and mild tourism, preservation of the beauty of the landscape and surrounding spaces in the Shaxi valley, and a soft further development) 4. Ecological sanitation (Improving the sanitation with ecological compatibility) 5. Poverty alleviation (Taking into consideration the requirements of the population) 6. Events and dissemination (Promulgation and activation of the experience, planning, and technical expertise gained in this project) Goal and potential of the Shaxi Project. 1. Local agriculture should remain an economic resource. 2. The Shaxi valley should promote soft tourism based on culture and landscape. 3. The living standards of the populace should be reached through technical improvements of the living conditions and improvements in the service sector. The results of the restoration of the Sideng market place in Shaxi. Sideng is a picturesque village centrally situated on the main river of the valley and can be reached by a beautiful arched bridge. The settlement is - up to the present time - a largely intact closed village with a southern entrance gate and narrow, interconnected clay houses, which are grouped around the old charming square, the Market Place. Two buildings dominate the square: the Xingiao Temple and the Theater Stage. Only outside the center, along a new street, several modern houses and a school can be found. Many of the older houses display facade paintings and carvings. The dominant courtyard house of the Ouyang family stands out for its particularly rich decoration and unadulterated spatial disposition. Thus, special attention was to be paid to this house in terms of monument preservation considerations. The maintenance and revitalization measures included the following tasks : Restoration of the Xingjiao Temple from the 13 th Century Restoration of the Theater Stage with equipment from a local museum Restoration of the paving of the square and the rainwater sewer Reconstruction of a dilapidated house as a test building for local building workers Restoration of two courtyard gates with two test groups of building workers Urban restoration of the remaining South Gate New construction of the missing West Gate from existing evidence The restoration and reconstruction measures were part of the first phases which started in 2004 and ended formally when the project was handed over to the local authorities in 2006. Further thoughts on traditional villages in Yunnan and Guangxi. In the years after the Shaxi project (2004-2007), I have undertaken several private trips to minority villages in the provinces of Yunnan and Guangxi. In the following, I will briefly summarize the observations I made in areas in which the prevailing construction system was made of wood. The dwellings consist of a frame construction with two levels, with an open ground fl oor in most cases which is used as a shelter for animals and equipment. On the upper floor, which is, as in many minority villages, not really divided in separate rooms, there are the kitchen as well as the sleeping and living areas. Such houses are rather basic in design and construction method and feature neither living comfort nor modern sanitation. Even the courtyard houses in Shaxi are wooden framed buildings, even though the exterior walls have often been sheathed with unfi red clay blocks. The houses in this area likewise offer very little living comfort according to present day standards (and in the view of the town inhabitants). In the houses, conceived as courtyard houses, all rooms open onto the courtyard. The rooms are sometimes separated from the outside by means of perforated lattice doors. However, they are usually open or even missing entirely. For Europeans, this open way of living is quite unusual since we prefer a closed space and especially differently utilized spaces in the house: living room, bedroom, children's room, kitchen, stairway, and hall. Among the basic renovation measures of old houses are insulation, improvements in the infrastructure (electricity, water, and drainage), and modernization of kitchen, bath, and toilets. Public canalization is found everywhere, even in the villages. In the villages I visited, there is a much greater discrepancy between village dwellings and modern city habitation. Clearly, in the view of the people striving for new living comfort, the old, traditional houses cannot be converted and upgraded to present day living standards. In addition, the economic power of the individual family is not sufficient to let them take (much needed) restoration measures which would bring about an increased living comfort. Thus, they attempt to obtain new dwellings whenever possible. In my opinion, it would not be difficult to modernize the traditional wooden buildings since their timber frame structure is rather simple. The houses usually are very sturdy and could be improved and extended using traditional construction methods. With the installation of space cells, individual rooms with designated functions, such as a kitchen or a wet room (bath, shower, and toilet), could be created. From the perspective of a foreigner, it is evident that the intact villages are located in extremely attractive natural surroundings, just as they were laid out centuries ago. This is touristic capital which could provide the local inhabitants with a competitive edge. Even though these villages are still very far away from economic hotspots and areas of high population density, the fi rst signs of encroachment are appearing even now and here due to arbitrary and ruthless modernization. In this area, there are not enough funds to fi nance rebuilding on a large scale. Apart from the legitimate but idealistic call for general prosperity for all the village inhabitants, this area provides a great opportunity for the conservation of traditional culture and the preservation of traditional values, which in other parts of China have already been forfeited. Reckless tourism and marketing campaigns would have an adverse effect on the local culture. Therefore, other means are needed to develop these regions. The basic prerequisites for the successful conservation of the traditional building culture are a functioning spatial planning, in which legal parameters of monument protection can be implemented, and consulting services for the local population in questions of monument preservation, which should be performed by trained architects and construction experts. For this purpose, specialist training in monument preservation, building design, and the history of architecture should be offered for such future experts, for instance as postgraduate studies at universities or at other institutes of higher education as it is done in Switzerland. The Shaxi Project could be a conceptual model for similar regional planning projects. |
| 14 | 2002- |
Robert E. Hegel ist Mitglied des Editorial Board von Chinese literature : essays, articles, reviews.
|
| 15 | 2002 |
Ruth Hayhoe erhält den Ehrendoktor des Hong Kong Instiute of Education.
|
| 16 | 2002 |
China wird einer der wichtigsten Handelspartner der Schweiz in Asien. Zusammenarbeit in Bereichen der Wissenschaft, Technologie, Bildung und Forschung.
|
| 17 | 2002- |
Morris Rossabi ist Mitglied des Council on Foreign Relations.
|
| 18 | 2002 |
Helmolt Vittinghoff ist geschäftsführender Direktor des Ostasiatischen Seminars der Universität zu Köln.
|
| 19 | 2002 |
Christian Henriot ist Gastprofessor an der University of Oregon.
|
| 20 | 2002-2007 |
Elisabeth Croll ist Vice-Principal for External Relations der School of Oriental and African Studies, University of London.
|